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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 10:41
... ou comment se tromper de combat.

Jeunes nullipares, profitez de votre jeunesse naïve. Bientôt vous ferez un enfant et bientôt vous entrerez dans le monde fabuleux de la maternité. Et vous entrerez en guerre!
Vous pensiez, tranquillement, réfléchir à l'allaitement, le ferez vous ou non, combien de temps, qui pourra vous renseigner, qui pourra vous aider si vous le choisissez, ou si au contraire vous préférez le biberon.
Eh bien oubliez ça.
Vous êtes enceinte,  vous êtes tenue de choisir votre camp!
Vous allaitez, vous devrez rejoindre le camp de pro-allaitement, vous choisissez le biberon, vous devrez rejoindre le camp des anti-allaitement.
Pas de demi-mesure possible.
Et si jamais vous essayez, autour de vous, sur un forum de discussion, au détour d'un blog, on vous agressera suffisament sur votre choix pour que vous soyez OBLIGEE de vous défendre. Le ton va fatalement monter.
Et à votre tour sur la défensive, vous agresserez au détour d'une discussion une "opposante".

Triste, mais à peine caricatural.
Peu de femmes peuvent se vanter de n'avoir ressenti aucune pression, dans un sens ou un autre autour de l'allaitement.
Si vous allaitez peu ou pas, vous ne donnez pas le meilleur à votre bébé, si vous allaitez plus de 6 mois beuuaaaar, vous êtes une vache à lait déviante. Si vous allaitez ET donnez un bib (comme je l'ai fait pour essayer d'allonger mes nuits et caler le bébé affamé), vous faites mal, vous allez lui donner de mauvaises habitudes. Si vous tirez votre lait avant 3 semaines malheureuse, vous allez pourrir votre lactation, et si vous tirez votre lait de toute façon après le bébé ne voudra plus téter votre sein.
Enfin, quoique vous fassiez, vous faites mal.
Déjà, ça commence à la maternité.
Heureusement que l'allaitement se passait bien, sinon j'aurais du faire appel aux puers nageuses est-allemandes, aimables comme une porte de prison, brutales dans leur façon de manipuler la tête du bébé, et qui viennent vous pincer le téton comme si c'était de la pate à modeler (hey de quoi je me mêle!!!). De quoi refroidir les plus hardies!

Pffffff.
J'ai allaité 3 mois, le temps du congé mater, sans problème, si ce n'est celui de la fatigue.
J'ai tiré mon lait au bout de 10 jours, sans problème.
J'ai ajouté un bib de lait maternisé au bout d'un mois le soir, sans problème.
Et j'ai arrêté quand j'ai repris le boulot, parce que je me levais à 5h45 pour prendre un train, et que j'allais pas en plus me lever à 4h pour tirer mon lait (et là on a encore essayer de me faire culpabiliser d'arrêter un allaitement qui se passait bien...)
Je suis tombée des nues, et j'ai vraiment halluciné de l'animosité ambiante.
Il faut arrêter le massacre, il faut arrêter les idées toute faites et la culpabilisation à outrance.

Comment être mère, être femme, et être bien sans s'écouter soi? Comment bien faire avec son enfant sans l'écouter lui? Et surtout, comment imaginer qu'une mère ne veuille pas le meilleur pour son enfant????
Chaque femme devrait pouvoir trouver une oreille attentive et les conseils dont elle a besoin pour suivre ses choix. Et le combat, il est là, clairement.
Que l'allaitement (ou le non allaitement, d'ailleurs) devienne une arme politique, ou une revendication féministe me pose réellement problème. Le droit de choisir la façon dont on nourrit notre enfant et la possibilité de le faire aussi longtemps qu'on le souhaite, oui d'accord, faisons évoluer les mentalités là dessus. A la limite en les intégrant dans la (longue) liste de tout ce que le monde politique/du travail pourrait faire pour que chaque femme puisse vivre SA vie de femme (je pense notamment à la pénurie de mode de garde!!!)
Et mettons toute notre énergie à défendre nos droits là où elle sera vraiment utile, à notre échelle, dans les CE, dans les entreprises.
L'allaitement est un acte intime, et un choix personnel. Montrons aussi que nous sommes capables de respecter celui des autres.
Par grenouillesetlardons.over-blog.com - Publié dans : Allaitement
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Jeudi 11 mars 2010 4 11 /03 /Mars /2010 10:21
Mon accouchement sur le coup m'a paru tout ce qu'il y a de plus "normal".
Je m'attendais à à peu près tout ce qui s'est passé, finalement. Pas mal de connaissances ayant accouché quelques mois auparavant, j'avais une idée des moeurs et protocoles en vigueur!

9h, au réveil (trop sympa, j'ai pu bien dormir...)J'ai commencé par perdre les eaux.
Mauvais choix... qui m'oblige à prendre le chemin de la clinique immédiatement (j'aurais bien trainé un peu). Sachant qu'a priori on allait me priver de nourriture et de bain (bé oui, protocoles obligent), je me suis empressée de sauter sur les deux avant de partir.
Arrivée à la maternité.
Dilatée 1 doigt, monito qui montre quelques petites contractions pas méchantes, hop passage en chambre le temps que ça démarre...
Et ça démarre, vers 15h, ouille ouille, ça fait mal, comme prévu!
On me transfère en salle de travail, on me met à poil (ou presque hein), on me colle un monito. Me voici donc sur le dos, avec assez peu de possibilité de mouvements.
De toute façon, je douille, et à part me tordre sur le lit (enfin le truc pr accoucher avec les étriers au bout, quoi), je sais pas bien quoi faire.

La sage-femme déboule au bout d'une heure et me dit : bon vous êtes dilatée que à 1.5, mais je vois bien que vous souffrez, j'ai appelé l'anesthésiste.
J'avais tellement mal que je lui dis oui oui!
On me pose donc la péri + la perf qui va avec. Et rien à dire c'est magique, la douleur disparait. Il est 16h.
A 17h je suis dilatée 4, super. Par contre je crève de soif et de faim, c'est infernal. J'ai un peu de fourmis dans les jambes c'est moyen agréable.

Bon.
Et là... et là, rien.
Mais rien de rien. Y'a strictement rien qui a bougé. A 18h, l'équipe de Sf change. La Sf décide unilatéralement que même si mes contractions ont l'air bien, "on" va essayer d'accélérer un peu tout ça. J'en déduis que "on" m'injecte des ocytocines. De toute façon je suis tellement dans le paté, j'en ai tellement marre, que je laisse faire. Pis bon de toute façon, on me demande pas mon avis, c'est assez péremptoire.

A 20h, je suis toujours dilatée à 4, sur le dos, à comater devant la télé et à redemander de la péri quand son effet s'estompe.
A 20h, comme j'ai perdu les eaux il y a 12h, la SF décide unilatéralement de m'injecter des antibios.

A minuit seulement j'arrive à dilatation complète. Je vomis, je suis épuisée, je meurs de soif, la péri ne fait plus effet, j'ai super mal, le monito montre une activité cardiaque du bébé qui baisse à chaque contraction (bin oui il vient de se taper 12h de contractions sous ocyto!!!), j'ai donc le droit de pousser 3 fois (oui mais j'ai mal et je suis épuisée!!!).
Au bout de 3 fois, le gynéco dit : bon vous avez du mal à y arriver on va vous "aider".
L'aide a consisté en une épisio de 6 points et les forceps.
Et mon fils est enfin né, on me l'a posé sur le ventre et plus rien d'autre n'a existé que lui.

La première chose qu'il a eu dans la bouche n'a pas été mon sein, mais une pipette de doliprane, parce qu'il souffrait à cause des forceps (d'ailleurs, à bientôt 5 ans, il a toujours la marque sur le front).

Il tentait de ramper près de mon sein, mon instinct me disait de l'y mettre, il en avait besoin et moi aussi, je l'ai donc fait.
Qu'est ce que j'avais pas fait!! Débarquement de la SF en furie, qui me parle comme si j'avais 4 ans, bin oui, elle m'avait dit d'attendre avant de le mettre au sein. (pourquoi? je ne l'ai jamais su... encore un protocole halakon je suppose).

Je me suis aperçue au bout d'un an, que pendant un an je ne m'étais pas remémoré mon accouchement. J'avais totalement occulté cette journée.
Et y en repensant,  j'ai senti monter en moi une vague de colère.
J'ai mis du temps à identifier sa source.

Bin oui mon accouchement était "normal", pas de césa, pas de problème particulier, pas de souffrances horribles, pas de séquelles (mon épisio a bien cicatrisé), pourquoi donc étais-je en colère?

Eh bin j'étais en colère parce que justement, mon accouchement était normal. Je n'avais pas à être traitée comme une grande malade du coeur, je n'avais pas à être traitée comme du bétail, allongée sur le dos, pattes en l'air, bloquée, à poil, sondée, comme une enfant irresponsable incapable de mettre mon enfant au monde.
On avait pas à m'injecter des tas de substances, à me couper, à faire mal à mon fils, sans me demander mon aval, ou m'expliquer, au minima, avant, pourquoi le faire.
On avait pas à me priver de nourriture, de boisson.
Je me suis aperçue que j'aurais aimé qu'on me coache, qu'on m'aide à mettre mon fils au monde, et pas qu'on le fasse à ma place, et sûrement pas à ma manière. J'ai toujours été persuadée au fond de moi que si on m'avait laissé pousser un peu plus longtemps, nous y serions arrivés, et je n'aurais pas eu d'épisio, ni lui de marque de forceps sur le front.

J'étais en colère parce qu'on avait touché à mes droits, à mes droits inaliénables de femme.


Par grenouillesetlardons.over-blog.com - Publié dans : Accouchement
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Lundi 8 mars 2010 1 08 /03 /Mars /2010 15:22
En 2005, j'ai accouché de mon premier enfant.
Aînée de la fratrie et dotée d'une ribambelle de cousins plus jeunes, tous babysittés, un bébé je savais a priori à quoi ça allait ressembler, par quel bout le prendre et comment ça risquait de marcher (ou pas), je n'avais donc pas particulièrement étudié de fond en comble la bibliographie sur le sujet, ni lu les bibles à lire quand on est en cloque, ni surfé ardemment sur les sites des 20 commandements de la femme enceinte, etc...
En plus, la grossesse c'était pas trop mon truc, être seule et unique responsable de la vie qu'on porte c'était un peu lourd pour moi. Et puis je voulais un enfant, pas être enceinte. Grosse nuance. Le récupérer déjà tout fait m'aurait pas posé de problème.
De tradition familiale... ou question d'éducation, je ne m'étais fait de plan sur la comète pour rien, je comptais essayer d'avoir la péri le plus tard possible, voire pas du tout, mais la demander si je souffrais trop, essayer d'allaiter, arrêter si je n'y arrivais pas, arrêter quand j'en aurais marre, tirer mon lait si le papa voulait participer, bref suivre mon feeling, celui du papa, celui du bébé sur ces sujets, comme pour le reste.

Mais dès la grossesse, je me suis sentie assaillie de toute part. Nulle place à l'instinct ni au feeling, ma bonne dame.
Quand ce n'était pas les innombrables marques qui ont des tas de produits géniaux spécial 0-3 mois, 3-6 mois, 6-12 mois à vendre, qu'on imagine MEME pas que ça peut exister, c'est le ministère de la santé qui se charge de nous noyer sous les docs diverses et variées nous définissant en long et en large nos rôles de parents. (et attention je me souviens d'avoir arrêté totalement de les lire le jour où je suis tombée sur une page qui explique que le père ne doit pas trop s'investir dans les taches type biberon, bain, congé parental, parce qu'après les rôles du père et de la mère sont les mêmes, donc pas différenciés, donc ça perturbe les enfants qui n'arivent pas à définir le "rôle" de leur sexe....à l'aide!)

Et là, la valse des questions démarrent...est ce que je prend la poussette, le cosy ET la nacelle, ou la nacelle ça sert à rien? Transat? Youpala ou pas? Biberon incliné en plastique je sais pas quoi à tete inclinée sur le côté, my god, la technicité des produits pour bébé est pas loin d'égaler celle du HIFI!!!

Les documents pas loin de la propagande sur l'allaitement (et mensonger : mais non ça abîme pas les seins, mais non c'est pas compliqué : + liste de 3 pages de recommandations, eh bé moi qui croyait que c'était instinctif enfait il ya carrément un mode d'emploi!!!!) + la pub pour l'allaitement dans les cabinets gynéco, en première page du carnet de santé, etc... ont tellement titillé mon esprit de contradiction que j'en étais venue à me dire que je n'allais pas allaiter, rien que parce que je sentais qu'on essayait de m'y forcer et de me culpabiliser de ne pas le faire!!!!

Les visites mensuelles chez le gynéco n'étaient en rien rassurantes, ayant un utérus plutot contractile, dès le 4è mois, je dépassais allègrement les 20 contractions/jour. En en faisant part à mon gynéco, celui ci m'a à moitié affolée, et même si mon col ne bougeait pas, j'ai été au repos forcé, sous médocs de bourin, à faire du canapé (et engraisser :D) pendant au moins 2 mois.
(pour l'anecdote, tout ceci pour accoucher à terme, bien sûr).
Sur ce dernier point, je ne blâme pas la profession médicale, pour un premier, il vaut mieux pécher par excès, on ne sait pas trop comment cela va se passer.
Mais bon...., pas la peine de dramatiser ou de faire culpabiliser (encore la culpabilisation...) des futures mères qui sont prêtes à stresser au moindre signe...surtout si c'est le médecin qui s'affole...

Bref, j'ai démarré ma grossesse zen et sûre de moi... je l'ai finie stressée et pleine de questions...


Par over-blog - Publié dans : Grossesse
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